jeudi 3 janvier 2013

Poèmes de Frank Samperi


Frank Samperi (1933-1991)
ami de Louis Zukofsky et de Cid Corman,
traducteur de Dante.



La nuit de ma mort
les feux lieront
le littoral
de quelque plage inconnue –

des enfants
   en toges

        courtes
   et bleues
chanteront mon chant funèbre
et des vagabonds inconnus
placeront mon corps
sur un radeau
  couvert de lis
  et d’algues –

et après qu'ils auront
attaché mon corps
avec une corde
   ils (les vagabonds)
et les enfants
feront

       dériver
   le radeau


(The Prefiguration, 1971)


le jour viendra
quand je serai sur un banc
à regarder la mer dehors

l’eau brillant     le ciel
unis dans la dissolution
du dispositif

***

à mon aise dans le bois
 en pente
le chemin de
           la maison

           de la
                  porte
jusqu’au
              lac

***

se retirant
de
     la mer
marchant
dans
     le bois
fixant

la rivière

l’artère

principale

(Letargo, 1980)



Pas une fenêtre
mais un miroir
fenêtre réfléchissante
légèrement ouverte
sur l’oiseau
sur une branche
à peine maintenant
la moindre feuille
et le jour
presque
gris

***

le vent revient
et avec lui
le blanc
des pigeons



(Traduction Franck Lehoux)
Droits réservés

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