vendredi 4 janvier 2013

"Je chante la joie de pauvreté" de Malcolm Lowry





Je chante la joie de pauvreté, non celle que
Guerre insulte des ruines de son propre
Démon. Mais celle qui réjouit l’âme alors que
Tant de son domaine est perdu. Voici la ville
De celui dont le soudain mandat municipal,
Prix d’une longue familiarité avec le désastre,
Qualifie pour réajuster les morts.
Ici les idées cavalcadent, ici campent
Les hypocrites, les croque-morts et aussi, voyez,
Comme ils sont pitoyables, changeant d’apparence
Dont la tête pend, mélancoliques.
Et pourrais-je leur dire à chacun
Le bien pour l’âme à être récuré jusqu’aux os.
Les murs dénués de savoir, comme les arbres
De feuilles, c’est bien aussi, et la mer, moins liée
Plus libre et innocente quant aux navires
Ah, voir, toucher, sentir les pages d’un livre
Dont les mots menteurs ne peuvent éviter le sens
Fin mot de la poésie. Et du savoir aussi.
Qui sait ce que je ne dirai pas en ce dernier assaut
Mais personne n’écoutera mon chant ni ne l’écouta jamais.


(Traduction Philippe Blanchon)
Droits réservés

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire